un centre syndicale d’arbitrage est née 

Éclairage juridique en matière d'existence légale des syndicats
au Cameroun

Le Centre syndical d'arbitrage du Cameroun est né. C'est une initiative des confédérations syndicales des travailleurs du Cameroun, soucieuses de donner un coup d'accélérateur à une volonté manifestée depuis plusieurs années, de doter le mouvement syndical camerounais d'un ensemble de mécanismes et d'instruments indispensables à l'assainissement du climat social syndical devenu délétère ces trois dernières décennies.
 

Au terme des travaux de trois jours, qui se sont déroulés du 23 au 25 février 2022 à Yaoundé, les leaders syndicaux ont croisé le verbe et ont fondé deux autres mouvements non des moindres : le Cameroon worker's forum(CAWOF), le Centre Syndical d'Arbitrage (CSA) et le Réseau syndical pour la promotion du leadership féminin au Cameroun(RESPROF).
 

Les confédérations syndicales des travailleurs du Cameroun forment, dorénavant, le solide trépied sur lequel va se reconstruire un mouvement syndical indépendant, qui joue son rôle universellement reconnu comme indispensable dans l'édification du pays. Benoît Essiga, président de la Confédération syndicale entente nationale des travailleurs du Cameroun, fait le diagnostic de la situation précaire liée au non-respect des droits des travailleurs ces dernières années. "Tout ce que vous voyez là aujourd'hui participe des conséquences de l'absence de démocratie, de dialogue social et du manque de débat et de l'irrespect des lois et règlements adoptés par nos institutions. Ces différents instruments sont souvent violés par ceux-là qui sont censés les défendre".
 

Depuis le 14 février 2022, le corps enseignant est en grève. Le Syndicat national des instituteurs contractuels et des maîtres des parents (Snicomp) et le mouvement "On a trop supporté (Ots)" sont sur le pied de guerre avec le gouvernement camerounais tant ils exigent, entre autres, l'application du statut particulier de l'enseignant, l'attribution des matricules, le payement de leurs avancements de carrière et de tous les arriérés de salaire. A cause de l'absence de justice sociale et de démocratie dans des secteurs d'activités, B. Essiga appelle à l'union des forces pour consolider le pouvoir du Centre syndical d'arbitrage du Cameroun.

"Nous devons construire un mouvement syndical qui permette que dans les différents secteurs d'activités(que ce soit les journalistes ou les enseignants ou tout autre secteur d'activité), que nous disposions d'une force suffisante en matière de rapports de force pour pouvoir influencer les politiques publiques et les stratégies de coopération internationale. C'est un challenge à réaliser", explique B. Essiga.
 

Dans un contexte où les entreprises, les services publics et les relations au travail sont en constante évolution, les représentants des mouvements syndicaux n'ont besoin que d'une seule chose : des organisations syndicales sans conflits et efficaces. Jean-Marc Bikoko instruit, lui aussi, l'opérationnalisation d'un rapport de forces pour infléchir la position dominante du système gouvernant en place. "Tout ce qu'il faut, soutient le président de la Centrale syndicale du secteur public (Csp), c'est un mouvement syndical fort, c'est-à-dire qu'il faut construire un rapport de forces qui puisse contraindre le gouvernement camerounais à mettre en œuvre ses engagements internationaux.

Le Cameroun est membre de l'Organisation internationale du travail (Oit), qui a pour fondement le Tripartisme, qui est un principe sacré, qui voudrait que la gouvernance publique repose sur trois acteurs : l'État; le patronat et les travailleurs. Si le Cameroun est attentif à ce que les patrons posent comme problème et est indifférent à ce que les travailleurs posent comme problème, c'est que le patronat est fort et il lui accorde de l'importance".
 

En jetant un regard rétrospectif sur les derniers budgets du gouvernement camerounais, il apparaît que la dimension sociale, articulation principale portée par les travailleurs, est minorée. C'est non sans pertinence que J.-M. Bikoko fait le constat selon lequel le moivement syndical s'est longtemps laissé traîner dans la boue et qu'il faille, aujourd'hui, s'unir et se doter de mécanismes et d'instruments stratégiques pour que l'unité d'action puisse contraindre le gouvernement à s'intéresser aux organisations des travailleurs sachant que la production des richesses repose sur deux facteurs : le travail et le capital. "Sans le travail, clame le président de la Csp, le capital ne produit rien et sans capital, le travail produit. Donc les travailleurs devraient être plus importants dans le dispositif de production que les patrons".
 

A l'issue de cette assise, la gente féminine, travailleuse salariée, n'a pas été discriminée. Fort au contraire, une plateforme des femmes travailleuses a été créée en vue de la syndicalisation du leadership féminin dans les confédérations syndicales camerounaises.