STRATEGIE DU GOUVERNEMENT

La stratégie du gouvernement camerounais consiste à avoir la main mise sur les faîtières syndicales par l’achat des consciences (corruption) et la manipulation des leaders pour empêcher les organisations syndicales de jouer leur véritable rôle de contre pouvoir face aux réformes suicidaires du gouvernement contre les travailleurs. Les média d’état sont également mis à contribution pour focaliser l’attention sur ces leaders dociles. Là où ils ne parviennent pas à leurs fins, ils suscitent des oppositions internes qui aboutissent généralement à la partition des organisations et à la reconnaissance de la faction docile comme interlocuteur de l’organisation en question. 

Depuis quelques temps, le Gouvernement, à travers le 1er Ministre, se propose de prendre en charge le salaire des permanents de ces organisations fantoches, en guise de remerciement pour leur rôle appréciable dans le mécanisme d’obstruction du véritable syndicalisme.

Si cette dernière initiative venait à se réaliser, ce sera le retour au bon vieux temps avec le contrôle systématique de ces organisations par le parti au pouvoir. Car en lieu et place de la subvention à l’éducation ouvrière réclamée depuis quelques temps par toutes les organisations, le paiement des salaires aux permanents de ces syndicats est la manifestation visible de la volonté du gouvernement d’instrumentaliser les organisations syndicales et de banaliser de l’action syndicale. A ce sujet, il est important de noter qu’un tel soutien financier constituera une violation de l’article 2 de la convention N°98 de l’OIT ratifiée par notre pays.